IsaS Lanoire


  • Vœux à un jeune chef

    Autrui a en toi placé confiance.
    Fini le temps de l’insouciance.
    Sonne le glas des turbulences.

    Sache que la fonction prime l’être ;
    Disent les aînés, anciens, ancêtres.
    C’est un devoir de le transmettre.

    Être chef, c’est devenir comme un aîné, 
    Personne dont la charge est entérinée.
    La responsabilité est inculquée, pas innée.

    Un aîné qui a la sagesse des anciens,
    Qui ne doit corrompre ou rompre les siens ;
    Qui œuvre à grandir avec des gens en lien.

    Être chef, ce n’est pas juste un titre qui en jette,
    Qui permet de se gargariser de viles courbettes,
    De distribuer des ordres secs ou des galettes.

    Tes nuits seront courtes ou très longues.
    La file des dithyrambiques sera longue
    Les mendiants t’useront comme leurs tongs.

    Les intrigants seront aussi fielleux que sournois.
    Sirènes et aèdes conteront fleurettes vêtues de soie.
    Péripatéticiennes et concubines sortiront des bois.

    Tu devrais être le maillon fort d’une chaîne,
    Qui avec intelligence et sans haine,
    Elève, rassure, assemble à perdre haleine.

    Un chef doit s’ancrer avec foi à la terre ;
    Où sont ensevelis mères et pères, des repères ;
    Prédécesseurs qui ont lutté ou fait la guerre.

    Tes ancêtres en ont fait un lieu habité ;
    Qui transpire des valeurs de solidarité ;
    Ton passage devrait y faire écho par dignité.

    Puisque tu n’es ni empereur, ni Dieu,
    Encore moins une divinité en ce lieu,
    Sois ingénieux, fais de ton mieux.

    Que santé et force t’étreignent,
    Que flamme et foi ne s’éteignent,
    Oh toi qui en ce moment saigne.

    Malgré la cour qui s’agite,
    Les courtisans qui s’invitent,
    La solitude devient gîte.

    Que la poésie y fasse séjour,
    Que l’essentiel devienne jour,
    Pour espérer de beaux jours.

    Même quand la charge devient lourde,
    La foi n’est pas forcément à Lourdes,
    Et l’ancestrale bienveillance n’est sourde.

    Écoute-moi malgré mon air balourde,
    Sillonnant anciens, ouvrant mes esgourdes.
    Ne commets surtout pas de bourde.

    Tous mes bons vœux au monument,
    Qui sait sourire malgré les tourments,
    Avançant sur le chemin, dignement.

    Que santé et force t’étreignent,
    Que flamme et foi ne s’éteignent,
    Oh toi qui en ce moment règne.

    Tous droits réservés

    2nd janvier 2025

  • Et si Noël m’était recontée ?

    Il était un certain Pacôme,
    Un petit bout d’homme,
    Joufflu comme une pomme,
    Epais comme deux tommes,
    Haut comme Tom [Sawyer],
    Trois ignames en somme,
    Gambadant en faisant des slaloms,
    Depuis au moins quatre automnes,
    Piquant à Noël sa crise d’automne,
    Au grand dam de Chrysostome,
    Son grand cousin vivant à Rome.

    Pacôme qui rêvait comme les Rom,
    De liberté des grands bonshommes,
    N’arrivait pas à faire un somme,
    Taraudé par une question nouvelle,
    Une préoccupation presqu’existentielle.
    Mais où est passée la mère Noëlle ?
    Bien entendu pour doubler la mise,
    Les cadeaux au pied de la tour de Pise,
    Le sapin où de nombreux colis gisent.

    Pauvre garçonnet !
    Dans sa chambre pleine de gadgets,
    Bondée à craquer de jouets,
    Qu’il ne voyait déjà plus,
    Parce qu’aspirant à toujours plus,
    Devenant un insatisfait chronique,
    Prêt à faire des caprices qui tiquent.
    Quelle tragédie pensa sa mère Hortense,
    Tapie dans l’ombre de son innocence.

    Réveil au nez et tic et tac,
    Prêt à passer à l’attaque,
    L’œil rivé sur des aiguilles,
    Qui n’arrêtent, comme des vrilles ;
    Qui tournent en rond, sans stress,
    Sans se lasser de se faire entendre.
    Que le temps qui nous presse,
    Se fait brusquement attendre.
    Et ces trépignements d’impatience,
    Qui finissent par se faire danse.
    Et ces œillades devenant intenses ?

    L’épicéa avait quitté la forêt,
    Et son avatar les magasins,
    Pour devenir l’épicentre des maisons,
    Où il se tenait dans un caisson,
    Décoré de boules et de guirlandes.
    Devenant momentanément une tour attractive,
    Point de convergence des désirs ou demandes.
    C’est alors que Pacôme crut entendre :
    « De quoi te plains-tu  mon enfant ?
    D’avoir eu cette année moins de cadeaux ?
    Sept cadeaux au lieu des huit de Noël dernier.
    Sans oublier les anniversaires et le reste.
    J’éprouve de la gêne en prononçant ces chiffres ;
    Et même une certaine honte à y réfléchir…

    Quand je pense que pendant la guerre,
    Une orange, fruit exotique de l’époque,
    Faisait rêver d’un ailleurs,
    Virtuel voyage faisant l’affaire ;
    Que mes ancêtres à moi,
    Habitants de chaudes contrées,
    Ne connaissaient pas Noël,
    Ni les forêts de sapins enneigés.

    Partout durant la famine,
    L’on se contentait de rien ;
    On se remplissait de tout,
    Notamment de la chaleur familiale.
    Impatiemment, les enfants attendaient,
    Ces fêtes appelées animistes,
    Des rituels savamment remplacés ;
    Ces occasions de faire ripaille,
    De saliver bien gentiment,
    D’humer l’odeur des grillades,
    De déguster un bout de viande,
    Ou de croquer un os à la moelle.

    En période plus faste,
    L’on se contentait d’un bon repas,
    De jolis vêtements et sandales,
    Á défaut d’être tout neufs.
    Il n’était pas question de sapin,
    Encore moins de cadeaux.
    Les seuls cadeaux étaient invisibles,
    Parce que faits de retrouvailles et d’amour.
    Il y avait de la frénésie en chaumières,
    Sinon de l’excitation dans l’air ;
    Une émulation était perceptible,
    Á construire la plus belle crèche.
    Une œuvre du génie d’enfants,
    Libéré et mis en évidence,
    Devant les modestes demeures,
    Des maisons sans grande prétention,
    Que les adultes allaient admirer.
    La spontanéité de leurs compliments,
    La lumière de leurs yeux,
    L’éclat de leur sourire,
    Etaient le plus beau des cadeaux.

    Depuis, c’est la surenchère des cadeaux,
    Mais aussi des marques et compagnie,
    Dans les salons feutrés et maisons cossues.
    Loin des regards admiratifs de certains,
    Qui récompensent leurs petits génies,
    Qui leur ont offert comme en offrande,
    Des crèches d’une originale diversité ;
    Des adultes qui en redemanderaient.

    L’émerveillement des grands en gratification,
    Avec pas grand-chose, juste de la chaleur,
    Et voilà des petits gars bienheureux ;
    Des bonhommes qui se sont fortifiés,
    De la considération des leurs et des passants ;
    S’élançant ensuite onze mois durant,
    Vers d’autres petits défis, ceux de la vie,
    Sous le regard rassurant de leur famille.

    Autres temps, autres lieux, autres mœurs.
    Malgré l’abondance et la surenchère,
    Malgré les lumières qui scintillent,
    Et les papillotes qui titillent,
    Les sodas et vins qui pétillent,
    Certains laissent éclater leur colère,
    Quand d’autres se contentent de larmes.
    Une frustration tristement palpable,
    Laissant nombre de parents perplexes.
    Les plus grands s’empresseront d’échanger,
    De vendre des cadeaux jugés encombrants,
    Sur toile ou sous manche, en catimini.
    Trouvant le moyen de ne pas être heureux,
    De respirer la santé, de manger à satiété,
    D’être entourés par de bienveillants adultes,
    Qui à force de trop étreindre, mal embrassent.

    Grand paradoxe chez les grands,
    Là où la neige ne tombe guère,
    Là où le Père Noël n’a pas été aperçu ;
    Où certains, à force de l’espérer,
    De rêver les yeux grands ouverts,
    Sont devenus accros aux cadeaux ;
    Des oisifs qui voient partout le Père Noël,
    Qui hallucinent même sans fumer.
    Des figés passant leur temps à réclamer,
    Á psalmodier de façon décomplexée.

    Il n’y a plus besoin de grandes occasions,
    Plus besoin non plus de lien de parenté,
    De mérite ou d’amitié tissée au fil du temps.
    Une véritable mendicité de petits hommes,
    Oubliant que tous les jours ne sont pas Noël,
    Que le cadeau a une valeur surtout symbolique.
    Ignorent-ils que seul le travail gratifie l’homme ?
    Qu’à force de labeur et de persévérance,
    Le petit gars deviendra grand bonhomme,
    Qu’il accèdera à la liberté tant rêvée.
    Ainsi, insuffler l’amour du travail,
    C’est offrir un véritable cadeau.
    Même le Père Noël le chuchote aux parents.

    De te blaser sinon te rendre malheureux ?
    De formater un consommateur compulsif,
    Toujours insatisfait une fois l’objet approprié ?
    A ce rythme, que me demanderas-tu un jour ?
    Un avion, un paquebot ou un château ?
    Le ciel, les océans ou la terre entière ?
    Serais-tu après tenté d’occuper ma place ?
    Celle dont tu ignores les contraintes ?
    Un trône est lourd de responsabilités,
    Et le pouvoir s’acquiert dans la société,
    Pas dans une cour ou dans une maison ;
    Ni même à travers un parricide.

    Et toi, qu’as-tu offert pour faire plaisir ?
    Trop facile de dire que tu n’as pas d’argent.
    Il n’y a pas que le chiffre, l’argent dans la vie.
    Que fais-tu de tes dix doigts et de ton cerveau ?
    Un dessin, un joli poème, une crèche en carton ?
    Un bon gâteau ou autres confiseries,
    Des figurines sorties de ton imaginaire,
    Faites d’argile, de pâte de sel ou de carton ;
    Autant de cadeaux qui font plaisir,
    Á nous les grands enfants à cette occasion.

    Tu pourrais même céder certains objets,
    Á ceux qui n’ont pas de famille ou de toit.
    Tu pourrais accueillir pour l’occasion,
    Á ta table une personne seule,
    Une mamie, un orphelin, un étranger.
    Partager un bon repas par exemple,
    C’est offrir un peu d’amour.
    L’impalpable qui fait unanimité,
    La chose précieuse, immatérielle,
    Que l’on pourrait donner,
    En plus de la culture, du savoir,
    Sans s’appauvrir ; paradoxalement.

    L’amour vaut tous les cadeaux.
    C’est au nom de cet amour,
    Que je t’exhorte au travail,
    Que je sévis malgré les qualificatifs,
    Que tu me prêtes dans mon dos.
    De nos jours, on ne naît pas prince,
    On le devient, à force de travail.
    Du travail au sein des cœurs.

    Entends ce que je dis Pacôme :
    Cette année, au plan comptable,
    Tu as certes eu moins de cadeaux,
    Mais il y a toujours autant d’amour ;
    De l’amour que tu ne vois,
    Tant il te crève les yeux.
    De l’amour qui ne tarit,
    Empaqueté dans un corps,
    Celui de deux ou plusieurs êtres,
    Celui de gens appelés Famille,
    Qui ont pris leur rôle à cœur,
    Celui d’édifier un être aimable,
    Un petit bonhomme qui grandira,
    Et qui fera à son tour des merveilles,
    Peut-être à l’image de saint Pacôme.

    La mère Noëlle si elle existe,
    Reste dans les airs,
    Comme un esprit qui plane,
    Tellement présente au quotidien,
    Qu’elle deviendrait invisible.
    Tandis qu’une belle place,
    En fin d’année est faite,
    Au célèbre Père Noël,
    Dont on parle beaucoup,
    Mais que l’on voit peu.

    Papa Noël oublie de dire qu’une bonne fée,
    L’aide à trouver beaucoup de cadeaux,
    Et mieux, à faire tous les paquets.
    C’est bien parce qu’il est très pris.
    Une discrète fée lui donne un coup de main ;
    Une femme qui fait des merveilles.
    C’est certainement elle la mère Noëlle.
    Tu comprendras quand tu seras grand.
    Alors tu sauras que tu n’as manqué de l’essentiel ;
    Et même si tu vivais dans une étable,
    Comme le petit Jésus entouré de ses parents,
    Et de bien d’autres venus de loin.

    Pacôme, petit Jésus n’était pas seul,
    Malgré le dénuement des lieux.
    La chaleur des cœurs était palpable ;
    Et il a su la redistribuer à son tour.
    Noël est avant tout une fête familiale,
    Car la famille est sacrée ;
    Qu’elle soit de substitution ou élargie.
    Les cadeaux satisfont les désirs,
    Mais ne donnent point de l’amour.
    Les cadeaux sont des preuves d’amour,
    Mais ne remplacent ceux qui les dispensent.
    Une poupée même de porcelaine,
    Ne peut remplacer un enfant.
    Aucune machine sophistiquée,
    Ne peut produire de la chaleur humaine.

    Sois heureux prince en devenir,
    Endors-toi mon petit bonhomme ;
    Sois en paix avec toi-même.
    Demain est un grand jour : Noël.
    Régale-toi sans excès de bons plats,
    Ravis tes yeux du sapin lumineux ;
    Réchauffe-toi de la chaleur familiale,
    Réjouis-toi des cadeaux-surprises.
    N’oublie pas de t’emplir à volonté,
    De t’enrichir intérieurement,
    De la présence des autres.
    Leur expérience est lumineuse,
    Comme un sapin enguirlandé.

    Nourris-toi de cadeaux immatériels,
    Certainement légers à transporter ;
    Dans ta quête de liberté,
    Ils seront aisés à partager,
    A l’occasion de tes rencontres,
    Devenant à ton tour invisible,
    Un avatar du Père Noël,
    Plutôt comme mère Noëlle.
    Contente-toi de l’essentiel. »

    Serait- ce la voix de mère Noëlle ?
    Que Pacôme entendit à cet instant ?
    Ce personnage qu’il n’apercevait,
    A l’image des nombreux cadeaux,
    Qu’il ne voyait guère plus,
    Parce que banalisés ou immatériels ?

    Pacôme avait tout le temps,
    Pour grandir en sagesse,
    Pour aiguiser son discernement,
    Pour répondre à cette question,
    Et élucider d’autres énigmes,
    Grâce à ces cadeaux de la vie,
    Mis à sa disposition, à sa portée ;
    Á condition d’avoir la lumière,
    D’avoir la maitrise du sens,
    Ou de saisir sa chance,
    S’il en prend conscience,
    Si sa Famille y travaille.

    28th décembre 2024

  • FRUCTUEUSE COMMÉMORATION DE LA LUTTE DES FEMMES

    © Tous droits réservés – 2024

    8th mars 2024

  • Être et ne pas hêtre

    Qui suis-je pour toujours suivre ?
    Pour me contenter de survivre,
    Loin de grands rêves à poursuivre,
    Ces voyages grisants qui n’enivrent.
    Qui suis-je pour ne pas voir cette lueur ?
    Pour ne pas écouter cette voix intérieure,
    Si intime qu’elle me fait avancer malgré heurts,
    Avec une foi minorant erreurs, pleurs, peurs…

    Qui suis-je pour m’autoriser une mue ?
    Pour écouter mes sens qui me remuent,
    Qui m’incitent à arborer de chics tenues,
    À m’étoffer bellement et en continue,
    Quitte à m’exposer aux déconvenues,
    Qui, avec impertinence, jonchent rues.

    Qui suis-je pour affronter l’inconfort,
    De ces trottoirs qui bruitent fort,
    De ces suées dégoulinant de l’effort,
    Mais qui n’arrivent à enlaidir corps ?
    M’élançant effrontément vers l’inconnu,
    Qui tend des bras m’évitant déconvenues.

    Je refuse de me contenter de paître,
    Comme si je venais de naître ;
    Je n’appartiens à ceux tenus en laisse,
    Á ceux qui, mal se connaissent,
    Á ceux pétrifiés derrière une fenêtre,
    Comme sculptés dans du bois de hêtre,

    Par des mains donnant du sens, s’exprimant,
    Et une intelligence qui œuvre divinement ;
    Devenant des objets, sans raisonnement,
    Exsangues de sève, d’âme : triste figement.

    Je suis de ceux qui reniflent le hêtre,
    En avatar chevronné du garde-champêtre ;
    Ce hêtre qui se dessèche car sans écorce,
    Dépouillé subrepticement de sa vitale force,
    Exhalant le besoin qu’un écolo l’amende,
    Pour n’être réduit à une portion marchande.

    Quand le hêtre perd ses aspérités naturelles,
    Devenant aussi lisse qu’une feuille artificielle,
    Un papier qui supportera les caprices d’airelles,
    S’affalant impérieusement sur sa faille originelle,
    Qui consiste en une pâleur candide, non rebelle ;
    Soumis à une encre aussi goûteuse que tendancielle,
    Devenant maculé et transformé en objet universel.

    Quand les rondins sur des radeaux s’amoncellent,
    Suivant le flot parfois trouble des eaux continuelles,
    Qui se mêlent aux larmes qui, souvent, ruissellent ;
    Quand solitude, peur, douleur et horreur s’emmêlent,
    Sur les terres inconnues ou les mers du non-retour,
    Seules de pieuses rives seraient d’un bon secours.
    Et certainement des prières en dernier recours.

    Je n’irai pas grossir ces forêts de hêtres,
    Devenant meubles créés par souci de bien-être,

    Issus de l’imaginaire de grands êtres,
    Il faut bien par moment le reconnaître ;
    Devenant fagots dans de cossues demeures,
    Qui se consumeront durant des heures,
    Noircissant l’intérieur des cheminées,
    Dans une indifférence à durée indéterminée.
    Et cette sueur qui n’éteint le feu…
    Et les multiples plaintes entendues peu…

    Á l’évidence se meurent des hêtres,
    Transformés en tisons par des maîtres,
    Une fois pénétré dans les cours à sceptre,
    Irrémédiablement voués à devenir cendres,
    Sans véritablement provoquer un esclandre,
    Après expiration dans un souffle brûlant,
    Illuminant alors gîtes au confort indolent.

    Pendant que l’apathie côtoie la souffrance,
    La chaleur de l’âtre endolorit la conscience,
    Évacuant aux oubliettes la bien-pensance,
    Le miracle de la vie apporte l’espérance.
    Cendres aux pouvoirs de réincarnation,
    Qui intrigue, interroge, impose fascination ;
    Parce qu’aptes à nourrir terre et donc racines,
    Á amender la vie qui s’élèvera vers cimes,
    Rejoignant de bienveillants ancêtres,
    Dont l’âme habite la nature, peut-être.
    Le rêve cimente l’espoir, sans trêve.

    Lorsque le hêtre prend le pas sur l’être,

    Lorsque l’homme se décline en paraître,
    Aux idées prêt-à-penser, il dit oui ;
    Aux phrases toutes faites, il est tout ouïe ;
    Pour les engins hypersoniques, il sort louis ;
    À la stupide mode du moment, il suit.
    Le hêtre adhère à tout ce qui épuise ;
    Il est visiblement sous emprise ;
    En gentilhomme ou nabab, il se déguise ;
    Il paraît et se joue du monde à sa guise.
    Tout ce qui aiguise son être gît aux remises.
    Tandis que lui, s’enfonce dans la lise.

    Qui suis-je pour oser être ?
    Pour exhorter bonnement à être,
    Le regard dépourvu de salpêtre,
    Et des lignes qui dessinent des lettres,
    Une calligraphie dans l’esprit du maître,
    Invitant à être au risque de se démettre.
    Osons cheminer vers le soleil,
    Pour sa luminosité qui tire du sommeil,
    Pour ses rayons qui tiennent en éveil,
    Dardant nos sens endoloris sans écueil,
    Nous invitant à ouvrir l’œil,
    À devenir des initiés sans pareil.
    Lumière salvatrice incitant à franchir seuil,
    À aller au-delà de nos possibilités,
    À percer l’opacité jusqu’à la visibilité.

    J’aspire à cette réalité teintée de sacralité,
    Appelant naturellement à la respectabilité.

    Quand l’imaginaire est source de fertilité,
    Quand la vision mène à la fécondité,
    Quand l’œil s’émancipe mais sans cupidité,
    Quand les méninges acquièrent vélocité,
    Alors, apparaît l’être abouti en réalité.
    Soyons, devenons, assumons notre vérité ;
    Laissons-nous habiter par l’humaine beauté.
    Beauté fugace, mais beauté endossée, culottée.

    22nd février 2024

  •  © Tous droits réservés

    22nd février 2024

  • Quand éclot l’espoir…

    En ces temps de fraîcheur par-ci
    Et de froideur par-là,
    À Kumasi comme à Marcoussis,
    À Kampala comme à Magalas,
    Du lac Volta à la mer Méditerranée,
    Du lac Victoria à la chaîne des Pyrénées,
    D’ouest en est, partout sur terre et mer,
    Du nord au sud, partout dans les air(e)s,
    Quand résonne le son du tam-tam
    Depuis le cœur de la savane,
    Quand résonne le macadam
    Au passage de la caravane,
    C’est pour annoncer une année nouvelle ;
    Charivari augurant parfois d’une ère nouvelle ;
    Celle qui insuffle une lueur comme ces hirondelles,
    Qui effleurent le ciel dans leur envolée belle,
    Avec une élégance balayant la voix des crécelles.
    Douce mélopée qui ne fait que passer,
    Qui nous dit qu’à la nuit succède le jour ;
    Et qui, sans cesse, sans se lasser,
    Nous souffle la vie pour toujours.
    Ivresse, allégresse qui n’agresse,
    Caresse qui n’oppresse et ne presse…

    22nd février 2024

  • Échos de l’Homme

    Vertes prairies qui ne rient.
    Tendres bocages sans âge.
    Douces collines qui ne dodelinent.
    Rassurantes clairières sans vipères.
    Frémissantes rivières qui ne sont d’hier.
    Bruissement de forêts qui n’effraient.
    Superbes champs régalant sans chants.
    Traversées bucoliques effaçant coliques.

    Soleil dardant sans dents.
    Éclaireur avançant en pensant.
    Éclairé façonnant et dégoulinant.
    Écoutant cœur en tout temps,
    En travailleur avide, non cupide,
    De ses mains plus polies que jolies,
    S’accordant tout naturellement,
    S’inclinant bien humblement.

    Sage fut l’Homme ici de passage,
    Qui, avec intelligence se fit conscience,
    Dont la beauté a rejoint l’éternité.
    Laissant dans le paysage un message.

    Quand l’espoir chante et l’ardeur enchante,
    L’esprit s’élève pendant que l’âme prie,
    Pour que la vie se renouvelle à l’envie.

    Lui, c’est l’Homme d’hier qui n’est plus,
    Et dont la merveilleuse emprunte est rieuse.

    Échos qui résonnent la poésie chez les suppôts.
    Échos qui raisonnent nos tendances non écolos.
    Échos qui viennent balayer nos querelles d’egos.

    22nd février 2024

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